Comment ce nouveau modèle financier appelé
« IC » a transformé l'industrie du rasage en une machine à cash ?
(et pourquoi ils ne veulent surtout pas que vous le découvriez.)

Pascal a trouvé la réponse en regardant son relevé bancaire un dimanche soir. C'est un modèle financier que l'on nomme « IC » et il n'a, ironiquement, rien à voir avec le rasage.
Pascal, 51 ans, vit à Lyon. Il fait ses comptes une fois par mois, et le dernier dimanche d'avril, face à son tableau Excel qui illuminait péniblement un tas de factures et de tickets de caisse froissés, il est resté scotché pendant de longues secondes, tenant entre ses doigts un ticket bien particulier.
En apparence banal, ce ticket reflétait une stratégie méconnue du grand public, une stratégie que les financiers ont nommée « le modèle IC », qui leur a permis d'engranger des millions (si ce n'est des milliards) d'euros de bénéfices…
Avant de comprendre ce qu'était ce fameux « modèle IC », et comment il se faisait dépouiller sous son nez sans même s'en rendre compte, Pascal a voulu en avoir le cœur net, et il commença à faire le calcul :
Sur son relevé du mois précédent, la grande surface où il achète la plupart de ses courses avait facturé très exactement 27,43 € de lames de rasoir, d'une multinationale bien connue de tous. Une boîte contenant quatre cartouches (l'équivalent d'un mois de rasage).
« 27 € par mois, sur 1 an ça fait plus de 300 € » — murmura-t-il à lui-même, les sourcils froncés et les yeux écarquillés.
Pascal n'est pourtant pas un grand dépensier ; il connaît la valeur des choses, et ne voit aucun charme au luxe ou à la démesure.
Pourtant, il découvre dans le calme de son bureau aux boiseries patinées qu'il dépense sans s'en rendre compte l'équivalent d'un week-end à Rome chaque année pour avoir le droit de se raser.
Il a alors tourné la tête vers sa femme, installée devant la télé dans la pièce d'à côté : « C'est si cher que ça des lames de rasoir ? »
C'est précisément la question. Et la réponse n'est pas du tout celle qu'il imaginait.
Le modèle financier « IC » qui n'a rien à voir avec le rasage, mais qui nous coûte néanmoins une fortune chaque année.
Ce modèle est étudié à HEC, à Wharton, et dans toutes les business schools de la planète.
Mais que diable signifie « IC » ?
Quel est donc ce modèle financier, et en quoi est-il si lucratif ?
Si vous vous posez cette question, vous êtes sur la bonne voie.
mais avant de vous le dévoiler, il faut remonter aux années 70.
Le charme des bistrots parisiens, la chanson française, les premières chaînes de télévision…
mais également le choc pétrolier, le début du chômage de masse, et malheureusement pour nous, le commencement des abus des grands groupes capitalistes.
À cette époque, la grande majorité des hommes se rasaient avec ce qu'on appelle aujourd'hui un « rasoir de sûreté ».

Ces rasoirs, bien qu'aujourd'hui considérés comme « dépassés », sont en réalité d'une efficacité remarquable :
Si vous êtes comme Pascal, une question devrait immédiatement vous venir à l'esprit :
Et c'est précisément ici qu'intervient le modèle financier « IC ».
Voulant augmenter leurs bénéfices, les grandes multinationales du rasage ont réalisé quelque chose :
Vendre un rasoir 1 fois, qui dure toute une vie et qui utilise des lames « non propriétaires », ce n'est pas un bon business model.
Et c'est là que le génie (ou plutôt la tyrannie) du modèle financier « IC » entre en jeu.
Ce dimanche-là, Pascal a alors fait ses recherches, et est tombé sur des dizaines d'articles d'écoles de commerce, expliquant ce modèle financier peu scrupuleux, mais terriblement efficace.
Le modèle « IC » signifie : imprimante-cartouche.
Il porte un autre nom en anglais : « the razor and blade model ». Ce qui signifie, littéralement et ironiquement : « le modèle du rasoir et de la lame ».
Le principe tient en une phrase :
C'est ce que fait votre fournisseur d'imprimante. C'est ce que faisait Nespresso jusqu'à ce que leur brevet tombe et que le marché s'ouvre (depuis, ils ont bien entendu créé de nouvelles machines avec un nouveau format, tout aussi breveté).
Et c'est, depuis les années 1970, ce que fait l'industrie du rasage.
Le rasoir lui-même vous coûte 5 à 10 €. Pratiquement donné.
Sa tête, en revanche, n'accepte qu'un format de cartouche : le vôtre. Pas celui du voisin. Pas celui qu'on vendait à votre grand-père.
Cette cartouche, elle, est facturée entre 3,50 € et 4,50 € l'unité. À titre comparatif, une lame de rasoir standard (également appelée « DE ») utilisée par les rasoirs de sûreté coûte 10 centimes.
C'est ce qui a fait, et continue de faire, la fortune de l'industrie.
Et c'est ce que Pascal n'avait jamais remarqué, parce qu'on ne lui avait jamais donné la peine de remarquer.
Si on faisait théoriquement le rasage de Pascal avec une de ces lames plutôt qu'avec une cartouche, le coût mensuel passerait de 27 € à 40 centimes.
Soit, sur l'année, 4,80 € au lieu de 324 €.
Soit, sur les trente prochaines années de la vie de Pascal, environ 9 720 € d'économies.
La question, c'est : pourquoi est-ce que la lame à vingt centimes existe encore, si elle ne se vend nulle part ?
La réponse est qu'elle continue de se vendre. Mais à une niche : ceux qui n'ont jamais lâché le rasage traditionnel.
Avant 1971, c'était la seule manière de se raser. Un rasoir en métal. Une lame standard.
Ce rasage-là n'a jamais cessé. Il a juste été méthodiquement effacé des rayons grand public, génération après génération, pour faire la place aux cartouches dont les marges sont incomparablement plus larges.
Le seul problème, c'était la barrière à l'entrée.
Le rasage à une lame demande, en théorie, d'apprendre à manier la chose. Trouver le bon angle, le maintenir, doser la pression.
Si vous avez déjà essayé de vous raser avec le rasoir de votre père ou de votre grand-père étant plus jeune, vous avez sûrement fini avec des coupures ainsi que des irritations sur la face.
C'est ce qui en fait un objet pour amateur éclairé, plutôt qu'un objet du quotidien.
Et c'est précisément le point qu'une petite équipe française a décidé de régler.
Une mission (presque) impossible
En 2025, Hippolyte, Jean-Baptiste et Louis, 3 Bretons passionnés de rasage traditionnel, se sont lancé un défi :
Leur conviction, ils la résument simplement :

« Le rasage était autrefois un rituel, une routine où l'on prend soin de soi, et a malheureusement été transformé en corvée dénuée d'âme, au profit de grands groupes capitalistes.
Nous pensons que c'est la meilleure méthode de rasage, et nous souhaitons la partager et la rendre accessible à tous. »
— Hippolyte, cofondateur du Lamier
Pendant plusieurs mois, ils ont travaillé sur un seul objet, un bel objet qu'ils ont fini par appeler le « Lamier ».
Sa mission : permettre à n'importe qui, même quelqu'un qui n'a jamais touché un rasoir traditionnel de sa vie, de pouvoir profiter d'un rasage doux, efficace et sécurisé dès le premier rasage.
Pour ça, ils ont réglé le seul vrai obstacle du rasage à une lame : l'angle.
La clé d'un bon rasage repose sur 2 facteurs : le tranchant de la lame, et son inclinaison sur la peau.
Sur un rasoir traditionnel classique, l'utilisateur doit trouver et maintenir manuellement l'angle de 30 degrés : l'angle scientifiquement reconnu comme optimal pour couper un poil.
C'est précisément cette difficulté qui a découragé les débutants, et rend les rasoirs de sûreté extrêmement compliqués à prendre en main.
Mais Lamier ont une toute autre approche : ils ont réussi à faire un design unique qui pré-incline la lame à 30° contre la peau.
L'utilisateur pose le rasoir contre sa peau : la lame trouve son angle, toute seule. C'est aussi simple à utiliser qu'une cartouche moderne, sans la cartouche (ni son prix).
Et c'est le point que Pascal a fini par comprendre : ça ne change rien à la lame qu'on met dedans.
Le Lamier est compatible avec n'importe quelle lame DE standard.
Que ce soit des lames Gillette, des lames Astra ou Derby, le Lamier utilise des lames non propriétaires, ce qui le rend beaucoup plus économique sur le long terme.

Lamier met en avant 2 promesses :
Utiliser des lames qui coûtent 10 centimes par lame.
Pour ça, ils collaborent avec la marque Shapu pour vendre sur le site web un pack de 100 lames à 10 €, soit 10 centimes par lame.
Rendre accessible à n'importe qui le rasage à une lame.
Pour ça, ils ont une garantie satisfaite ou remboursée pendant 100 jours.
Si vous essayez le Lamier et qu'au bout de trois mois vous n'êtes pas satisfait, vous pouvez le renvoyer et être intégralement remboursé.
Et jusqu'ici, les retours des clients ont été hallucinants :

